Il y a 50 ans naissait la Nouvelle Vague. De jeunes critiques des Cahiers du cinéma passaient derrière la caméra et bousculaient le Cinéma français. Ils s'appelaient Truffaut, Godars, Rohmer ou
Chabrol. 50 ans après, ce dernier sort son dernier film "Belhamy" qui vaut surtout pour la rencontre du cinéaste avec l'acteur Depardieu. Rappel sur une filmographie riche même si inégale étalée
sur 50 années !
1959-1968 : Chabrol égratigne les bonnes moeurs françaises dès ses 1ers films interprétés par Brialy "Le beau Serge" et "Les cousins" puis avec celle qui allait devenir sa femme Stéphane Audran,
parfaite en bourgeoise décadente et/ou meurtrière :
1969-1978 : cette décennie commence fort avec 2 superbes films interprétés par un excellent Jean Yanne, odieux sans "Que la bête meure" et inquiétant dans "Le boucher", et se termine par
sa rencontre avec Huppert pour "Violette Nozière" et qui deviendra sa nouvelle muse :
1979-1988 : De cette belle décennie, fort prolifique de films réussis, je retiendrai les 2 aventures de l'Inspecteur Lavardin, excellement interprété par un facétieux Jean Poiret aux prises
aux travers de la bonne société :
1989/1998 : Cette décennie comprendra les films majeurs de l'association Chabrol/ Huppert : "Une affaire de femmes" où où Chabrol décrit une France pudibonde et rétrograde, "madame Bovary",
adaptation réussie du roman de Flaubert et "la cérémonie" où Chabrol filme avec minutie l'escalade vers la folie meurtrière et le choc de 2 cultures sociales :
1999/2008: les derniers Chabrol ont un charme suranné. Le cinéaste continue inexorablement à scruter ses contemporains nager en eaux troubles. L'un de ses derniers complices est Benoit Magimel,
excellent en fils progigue dans "La fleur du mal", en victime de l'amour dans "La demoiselle d'honneur" ou en play-boy cynique dans "la fille coupée en deux", des rôles où l'acteur incarne
parfaitement la dualité des personnages qui plaît tant à Chabrol :
Superbement ignoré par l'académie des Césars, Chabrol a construit son chemin en tournant depuis 50 ans un film ou plus par an. Au final, une belle oeuvre, portrait d'une France sans concession
mêlant humour, insolence, mystère et classicisme.